La rencontre autour du BIM,

de la conception à la gestion : pratiques pertinentes et expérimentations des maîtres d’ouvrages

Les rencontres de l’IMOA

Le BIM (Building Information Modeling) – sujet de la deuxième « Rencontre de l’IMOA » – a été l’occasion pour les membres de l’IMOA de témoigner de l’utilisation qu’ils font de la maquette numérique, de ses atouts et de ses limites.

La matinée s’est structuré en trois temps : le BIM dans le processus de maîtrise d’ouvrage ; la numérisation de l’existant ; le BIM dans le cycle de vie de l’ouvrage livré. Si le processus BIM est de mieux en mieux maîtrisé en phase de la conception et la réalisation par la maîtrise d’ouvrage, il reste en revanche beaucoup à inventer dans le cadre de la gestion patrimoniale appelée aussi gestion des actifs. Pratiques, expérimentations et interrogations ont ainsi pu être partagés à l’appui des interventions de l’APIJ, l’EPAURIF, SNCF-Réseau, la RATP, l’OPPIC, le Conseil départemental des Yvelines et RTE. Le BIM peut être issu d’un processus de la conception et la réalisation – dans ce cas, il s’agit d’adapter la maquette au projet et aux besoins réels de toutes les parties prenantes (sans inflation de données inutiles ; SNCF-Réseau d’évoquer « un BIM frugal ») ; le BIM peut aussi émaner d’une numérisation de l’existant. En guise d’illustration, l’OPPIC a présenté la numérisation des bâtiments remarquables qu’elle a engagée, notamment de la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette, ensemble bâti hautement complexe qui pose la question de l’interprétation du nuage de points obtenu ; et RTE a fait état de la numérisation en cours des postes électriques : scan to BIM, en lien avec les bibliothèques d’objets.

Quant à l’usage de la maquette numérique sur le cycle de vie de l’ouvrage, il a fait l’objet de plusieurs approches :

  • L’APIJ, qui a déjà codifié les données à l’attention des besoins des gestionnaires des sites pénitentiaires, facilement identifiables, reste dans l’attente de la prise en main de la maquette numérique par l’administration judiciaire ;
  • le CD78, qui a engagé le passage de la 2D à la 3D (dans le cadre d’un partenariat avec le CSTB) pour différents cas d’exploitation, n’entend pas révolutionner ses outils mais utiliser le BIM comme une méthode de cadrage, de cohésion et de montée en compétence des métiers ;
  • SNCF-Réseau s’est lancé dans une réflexion à l’échelle du ferroviaire avec le projet Minerve pour répondre aux objectifs de mobilité bas carbone, simuler le fonctionnement des lignes et étudier le développement d’un jumeau numérique ;
  • la RATP s’est attachée à définir tous les cas d’usage d’un BIM gestionnaire d’actifs dans un objectif de performance à long terme (le BIM devant être considéré comme une dépense d’investissement et non d’exploitation). Dans une entreprise qui, au-delà de la mobilité, porte une ambition urbaine, le BIM est une porte ouverte vers le CIM (City Information Modeling) ;
  • RTE mène une expérience ambitieuse, intitulée JUMP, qui croise le BIM et le jumeau numérique au service d’un entretien et d’une maintenance optimale des infrastructures dont il a la charge.

Au final, le BIM s’est révélé bien plus qu’un outil aux multiples applications : il est un levier d’évolution des cultures d’entreprises et des métiers. Et un garant d’attractivité pour recruter de nouveaux talents.

  • Les adhérents posant des questions.
    Plusieurs abonnées lors de la rencontre.
    Thierry ARDOUIN- IMOA
  • David COUALLIER lors de sa présentation.
    David COUALLIER de RTE
    Thierry ARDOUIN - IMOA