L’APIJ crée un centre pénitentiaire de nouvelle génération à Tremblay-en-France.

Nouvel établissement pénitentiaire à proximité de la maison d’arrêt existante, unification de deux établissements et préfabrication industrielle de plus de 700 cellules : le futur centre pénitentiaire de Seine-Saint-Denis réunit sur un même chantier des défis rarement combinés.

Le centre pénitentiaire de Seine-Saint-Denis change de visage.

Un vaste projet de nouvel établissement adjacent à la maison d’arrêt construite en 1991 sur la commune de Villepinte, atteint l’achèvement du gros-œuvre. À cette occasion, les adhérents de l’IMOA se sont retrouvés le 20 mai 2026 à Tremblay-en-France à l’invitation de l’ APIJ1 pour une visite de chantier du nouveau centre pénitentiaire, adjacent à la maison d’arrêt existante située, elle, sur la commune de Villepinte. Le nouvel ensemble s’inscrit dans le programme immobilier de construction de 15 000 places de prison supplémentaires prévu dans la loi d’orientation et de programmation pour la justice votée en 2023. Celui-ci vise à assurer l’effectivité de la réponse pénale, améliorer les conditions de travail des personnels pénitentiaires, améliorer la prise en charge des personnes détenues, et lutter contre la surpopulation carcérale.

1285 places à terme, dont 706 neuves

Le projet de centre pénitentiaire de Seine-Saint-Denis a pour finalité l’unification de deux structures : l’établissement existant sur la commune de Villepinte et le futur établissement de Tremblay-en-France. L’objectif est de disposer à terme de 1 285 places dont 706 places neuves. Les principaux enjeux sont la mutualisation des espaces (administration, greffe, ateliers, services à la personne, sûreté, etc.), l’inscription environnementale du bâtiment dans le territoire et le phasage des travaux qui se dérouleront en partie en site occupé. Le nouvel établissement, d’une surface de plancher de 41 000 m² est classé établissement à sûreté renforcé. « Réaliser des travaux sur site occupé et sécurisé constitue la partie la plus sensible de l’opération, affirme Samer Jabbour, chef de projet à l’APIJ. Cette articulation entre ancien et nouveau génère une complexité considérable dans la gestion des interfaces techniques, notamment pour les systèmes de sûreté dont l’obsolescence rapide pose des questions récurrentes d’interopérabilité ».Ces travaux nécessitent une coordination étroite avec la Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires de Paris et l’établissement en fonctionnement.

Des cellules fabriquées hors-site

Mais le point le plus singulier du chantier est la méthode de construction des cellules. Ainsi, 702 des 746 cellules ont été entièrement préfabriquées dans un atelier extérieur situé à Crépy-en-Valois, à environ 40 km du site (Bouygues industrialise la fabrication de cellules pénitentiaires). Chaque cellule est un module individuel de 25 tonnes, constitué de six faces en béton et de tous les aménagements nécessaires : barreaux, caillebotis, mobilier et câblage électrique pré-tiré. Les autocontrôles sont réalisées en usine avant la livraison sur site. Le transport entre l’usine et le site de Tremblay est assuré par transport exceptionnel de catégorie 1 ou 2 selon la charge. Une fois sur site, les modules sont mis en place à l’aide d’une grue mobile 150 t. Le levage est assuré grâce à des crochets type container. « Nous avons fait cette proposition à l’APIJ après avoir expérimenté la méthode sur un projet précédent au centre pénitentiaire de Troyes-Lavau, dans l’Aube, qui a servi de démonstrateur, affirme Fabrice Chansolme, directeur de travaux chez Bouygues Bâtiment Nord-Est. Ce premier projet de 40 cellules a été un succès. À Tremblay, nous sommes passés à l’échelle industrielle ». La démarche permet la réalisation des finitions en usine, une réduction de la co-activité sur le site et la diminution du nombre de réserves en fin de projet. Sur le plan environnemental, la fabrication en usine permet l’utilisation d’une formule de béton spécifique, moins dépendante des conditions climatiques et permettant d’utiliser un ciment à faible bilan carbone. « La méthodologie permet également d’accélérer sensiblement la construction, souligne également Fabrice Chansolme. En un mois, nous parvenons à poser les 120 à 130 cellules d’une aile ». Au final, le gain est estimé à trois mois sur le délai contractuel de 36 mois pour la réalisation des bâtiments d’hébergement. Le dernier module a été posé dans le courant du mois de mai. Il reste désormais à poser les charpentes, l’enveloppe et les façades, mais aussi à finaliser les autres bâtiments du site et à installer l’ensemble des équipements. Le centre pénitentiaire devrait être livré mi-2028. Budget global de l’opération : 249,5 M€.

1Agence Publique pour l’Immobilier de la Justice